Le Centre d'action bénévole : 35 ans d'intervention auprès des plus démunis

12 Janvier 2005 - La Voix - Une chance que le gouvernement peut compter sur des organismes comme le Centre d'action bénévole! Tels sont les propos de Michel Huppé, président de l'organisme qui célébrait, le mardi 4 janvier, son 35e anniversaire de fondation.

Selon M. Huppé, l'État ne peut en effet répondre à lui seul à tous les besoins des plus démunis, en raison, notamment, de l'aspect bureaucratique d'une telle administration : C'est une grosse machine qui prend du temps à bouger. Quand un projet est sur la table, avant qu'il ne prenne forme, ça prend du temps. Ça prend des organismes comme le CAB pour faire face, sur le terrain, aux urgences et répondre aux besoins immédiats des plus démunis a-t-il poursuivi.

Et les besoins sont de plus en plus nombreux, note-t-il. Plusieurs phénomènes sont à l'origine de cet accroissement. Au départ, il y a une grande exigence de performance sociale, et certaines personnes n'ont pas la capacité de faire face à de telles exigences. C'est pour elles une situation très pénible, note M. Huppé.

D'autre part, les fermetures d'usine et le vieillissement de la population du Bas-Richelieu constituent également deux autres particularités de la région qui peuvent entraîner une plus grande pauvreté. Certains s'en sortent (des fermetures d'usine), mais d'autres qui sont moins scolarisés en souffrent plus, car ils sont plus vulnérables a-t-il fait remarquer.

M. Huppé estime, dans ce sens, que le CAB doit orienter son aide en outillant les personnes afin qu'elles puissent se débrouiller dans la vie. Oui, nous devons dépanner, mais nous devons aussi outiller les gens. C'est comme de leur apprendre à pêcher plutôt que de seulement fournir le poisson, a-t-il illustré.

Le président du CAB admet "qu'il y a du pain sur la planche", encore et toujours : ce n'est pas demain qu'on va fermer nos portes !

À l'aube de cette 35e année d'existence, M. Huppé estime que la direction du CAB doit se questionner et réévaluer chaque service, pour tenir compte, notamment, du vieillissement de la population. La question du recrutement des bénévoles demeure également importante, et constitue un processus permanent.

Des chiffres éloquents

De son côté, la directrice générale du CAB, Claudette Dupuis-Salvas, en poste depuis 1987, rappelle que 600 bénévoles oeuvrent pour l'organisme de façon régulière. On compte près de 150 bénévoles supplémentaires pour des actions ponctuelles.

Le CAB, qui peut compter sur sept employés (incluant la directrice générale et trois employées à temps partiel), compte sur un budget de près de 450 000 $. Ce montant est généré en grande partie par la contribution annuelle de Centraide, qui s'élève cette année à près de 115 000 $, excluant la subvention offerte à l'organisme pour la rentrée scolaire, ainsi que par des dons du milieu.

Quelques activités bénéfices ont lieu chaque année, dont le concert De tout chœur en harmonie, la Journée ailes en folie et la Journée spaghetti, qui permettent de soutenir en partie les programmes des paniers de Noël et de soutien-dépannage.

En plus de ces deux programmes, le CAB offre de multiples services : L'accompagnement médical, l'accueil et référence, le programme amitié-partage (visites aux malades et dons de pantoufles), l'atelier de couture (des bénévoles confectionnent de la literie, des couvertures et des couches), les cuisines collectives (planification et confection de repas à prix modique), les déjeuners-écoles (déjeuners aux élèves démunis des écoles primaires), info-cancer, la popote roulante (repas à prix modique pour personnes malades, âgées, handicapées, etc.), parrainage, salle de lavage, aide à l'impôt, le programme "belle et bien dans sa peau" (pour les femmes atteintes de cancer du sein), l'amitié n'a pas d'âge (échanges intergénérationnels), etc.

Un peu d'histoire

Le Centre d'action bénévole constitue la continuité de l'œuvre commencée par les Sœurs de la charité de Namur en 1995. L'organisme a été fondé en 1970 sous le nom de Carrefour d'Entraide et Bénévolat de Richelieu inc. Il a été officiellement incorporé le 4 janvier 1971, grâce au travail d'un comité provisoire formé de Mme Bernadette Bernard et Messieurs Rodrigue Lussier et Gilles Simard. Ce dernier sera nommé premier président de l'organisme.

Lui succéderont au fil des ans : Rodrigue Lussier (1972-1987), Luc A. Forcier, Jean-Guy Trépanier, André Hardy, André Corriveau, Gratien Lebel, Claude Cournoyer et Michel Huppé.

Au début, le CAB était situé à l'arrière du couvent Saint-Pierre, rue Augusta, et a déménagé à quelques reprises avant de s'installer dans ces locaux actuels du 70, rue Elizabeth, en 1988.

En 1972, 955 heures de bénévolat ont été effectuées par 147 bénévoles inscrits. Aujourd'hui, le nombre d'heures s'élève à près 100 000, pour plus de 11 000 actes de bénévolat.

Déjà, les services offerts étaient des visites, du transport, de l'aide à ce qu'on appelait dans ce temps "les filles-mères"... La popote roulante a été mise sur pied en 1980. Le service de dépannage voit le jour en 1977, et s'amplifie au début des années 80, l'économie de la région étant en proie à de graves difficultés relatives au chômage grandissant et à d'importantes grèves. Un radiothon annuel est organisé entre 1983 et 1988.

C'est en 1983 que l'organisme prend désormais le nom de Centre d'action bénévole.

L'organisme soulignera ce 35e anniversaire lors de la soirée annuelle Hommage aux bénévoles, qui se tiendra à une date encore à déterminer.

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