Création d'une nouvelle paroisse unifiée

28 Janvier 2002 - La Voix - (HG) L'unité pastorale de Sorel et Ste-Anne, qui rencontrait ses fidèles cette semaine dans le cadre de deux séances d'informations qui se sont tenues lundi et mardi, propose à l'ensemble de ses paroissiens la création d'une nouvelle paroisse unifiée qui sera effective, avec l'accord du Diocèse de St-Hyacinthe, le 1er janvier 2003.

Pour le curé Réal Decelles, il y a une importante nuance entre fusion des cinq paroisses actuellement existantes et création d'une nouvelle paroisse : On parle de fusion de paroisses lorsqu'une paroisse cesse d'exister pour s'intégrer à une autre. On parle de création d'une nouvelle paroisse lorsque deux paroisses ou plus cessent d'exister pour en constituer ensemble une nouvelle.

Ainsi, aucune des paroisses existantes (St-Pierre, Notre-Dame, St-Maxime, St-Gabriel ou Ste-Anne) n'absorbera les autres. Il faudra d'ailleurs songer à une nouvelle dénomination pour cette nouvelle paroisse, ce qui pourra faire l'objet d'un concours ou d'un consensus avec l'ensemble de la communauté chrétienne de Sorel et Ste-Anne.Le curé Decelles a apporté ces précisions, expliquant du même coup que la création de cette nouvelle paroisse permettrait d'alléger énormément la structure administrative des cinq églises, qui pourront, elles, continuer d'offrir différents services.

Actuellement, seule l'unité pastorale – les services pastoraux offerts aux paroissiens – constitue une entité unifiée, les cinq paroisses actuelles constituant des entités juridiques séparées. Cela cause différents dédoublements au niveau de la structure administrative et la multiplication des exercices comptables – quote-part de chaque église et autres – qui grugent inutilement l'énergie des responsables du Conseil de gestion financière de l'unité pastorale. Il faut en effet distinguer l'unité pastorale, qui est unifiée pour l'ensemble des paroisses et qui offre des services de pastorale, et les paroisses qui sont gérées par cinq conseils de fabrique.

Avec une nouvelle paroisse, on aura un conseil de fabrique unique qui sera chargé de l'administration des cinq églises.C'est en juin dernier que l'assemblée générale, réunissant les cinq assemblées de fabrique, le conseil d'orientation pastorale et l'équipe pastorale, a décidé de mettre sur pied un comité dont le mandat était de réaliser l'étude de faisabilité d'un regroupement selon les orientations fournies par le Diocèse de St-Hyacinthe. Finalement, le comité a retenu l'idée de création d'une nouvelle paroisse, comme cela s'est fait avec succès à Granby et Beloeil.

C'est comme un projet nouveau qu'il faut bâtir ensemble, pour lui donner une couleur. C'est très motivant et positif, croit le curé Decelles.Les gens circulent de plus en plus entre les paroisses, a-t-il noté. En effet, plusieurs paroissiens fréquentent plusieurs églises, selon les horaires des messes, notamment. Face aux nouvelles réalités de ce début du millénaire, on se penche aussi sur la possibilité d'offrir des services particuliers dans l'une ou l'autre des églises, selon leur aménagement. Ainsi, l'église St-Maxime, à l'heure actuelle, est appelée à devenir un centre communautaire et spirituel, avec ses locaux qui permettent à des petits groupes de chrétiens de se réunir dans une atmosphère conviviale. Le sous-sol de l'église St-Gabriel est régulièrement utilisé pour différents cours de préparation aux sacrements.

Utilisation des églises

Lors des assemblées, le curé Decelles a réitéré son point de vue quant à l'utilisation des cinq églises dans un contexte ou leur entretien nécessite des sommes parfois faramineuses. Selon ce qu'il avait indiqué à La Voix dans notre dernière édition, il faudra éventuellement se pencher sur l'opportunité de fermer une ou des églises.

Toutefois, il a tenu à indiquer que la création de la nouvelle paroisse ne constituait pas la première étape au démantèlement futur d'une ou des églises. La création d'une nouvelle paroisse est devenue nécessaire pour alléger la gestion administrative. Le conseil de fabrique de cette nouvelle paroisse pourra décider qu'il n'y a pas lieu de se délester d'une église, ça sera à lui de décider. La nouvelle paroisse n'est pas une première étape pour ensuite automatiquement procéder à la fermeture d'une église, a-t-il précisé.

Toutefois, il estime qu'il deviendra nécessaire de faire une importante réflexion à cet égard, l'argent devant, selon lui, servir plus particulièrement aux services pastoraux qu'à l'entretien d'édifices. C'est sûr que ce sera dur de faire cette réflexion, admet-il, mais je crois qu'il faut passer par là. Je comprends que les gens, pour diverses raisons – culturelles, patrimoniales, sentimentales – envisagent difficilement la démolition de l'église de leur paroisse.

Ceci dit, cette réflexion ne pourra s'amorcer que quand la nouvelle paroisse sera créée l'année prochaine. Et la décision de se délester d'une église pourra ne venir que dans 30 ans. Ce sera à la communauté chrétienne de décider, a-t-il conclu.

Hélène Goulet Journal La Voix

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