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Les grévistes de la SAQ posent des gestes de solidarité
4 Janvier 2005 - La Voix - À Sorel-Tracy, les employés des deux succursales de la Société des alcools en grève depuis plus d'un mois n'ont pas à affronter des clients en manque d'alcool faisant provision en vue de leurs partys des Fêtes. Comme les deux succursales sont fermées, les gens, s'ils dédaignent le vin de dépanneur, peuvent au mieux s'approvisionner à l'extérieur, là où il y a des agences de la SAQ.
Mais plusieurs sont solidaires et nous ont dit qu'ils "se mettaient à la bière, le temps du conflit", a soutenu le délégué syndical Éric Champagne, de passage cette semaine aux bureaux de La Voix.
Pour M. Champagne et ses collègues, aucune intention d'insulter leur clientèle en se rendant, par exemple, dans une agence d'une municipalité avoisinante. On ne va pas se stationner devant le IGA de Contrecoeur pour insulter nos clients ! Nous ne voulons pas faire une campagne de peur. Ce sont nos clients et je sais qu'en temps normal, ils apprécient le service qu'on leur donne.
Par contre, lui et ses collègues profitent de certaines occasions pour sensibiliser la population sur la teneur des points qui les opposent avec leur employeur.
Par exemple, les grévistes ont distribué des lettres aux gens qui circulaient dans le Carré royal, à l'occasion de la Grande fête de l'arbre de lumière.
Ils concentrent également leur piquetage devant la succursale du boulevard Fiset, là où il y a plus d'achalandage, afin de renseigner les passants sur les points en litige.
Des gestes de solidarité
Évidemment, faire du piquetage durant de longues semaines et voir le temps filer peut faire fléchir le moral des grévistes.
C'est pourquoi ils ont décidé, dans une certaine de mesure, de poser des gestes de solidarité envers des gens encore plus démunis qu'eux.
La semaine dernière, ils sont venus en aide aux bénévoles du Centre d'action bénévole pour la distribution des paniers de Noël. La directrice du CAB, Claudette Dupuis-Salvas, a d'ailleurs confirmé à La Voix que ce coup de main avait été fort apprécié.
Cette semaine, plusieurs d'entre eux se sont rendus au centre commercial pour faire un don de sang, un exercice jugé précieux par Héma-Québec à cette époque de l'année où les besoins sont élevés.
Selon Éric Champagne et quelques grévistes rencontrés, ce sont là des gestes de solidarité qui aident aussi à maintenir le moral des troupes, puisque les grévistes, ainsi, se sentent plus utiles socialement.
Ceci dit, M. Champagne estime que la population en général est très respectueuse , voire même solidaire des grévistes.
Les enjeux de la négociation
Il ne s'agit pas d'une question d'argent, a rappelé M. Champagne. C'est essentiellement une question de gestion des horaires des employés qui sont, en majeure partie, à temps partiel.
À l'heure actuelle, ces employés peuvent compléter des heures dans l'une ou l'autre des succursales. Toutefois, selon M. Champagne, la proposition patronale sur la table dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leur convention collective, est à l'effet de rendre chaque succursale "étanche", c'est-à-dire que les employés à temps partiel ne pourraient pas compléter, dans une autre succursale, un nombre d'heures suffisant pour obtenir une paye intéressante.
De plus, a-t-il ajouté, si on tient compte de l'ancienneté qui, elle, est établie de façon provinciale, ça crée de l'injustice, croit M. Champagne, donnant en exemple une personne, engagée depuis longtemps, mais affectée à une succursale où le roulement est moindre : celle-ci obtiendrait une ancienneté moindre qu'un collègue d'une autre succursale plus achalandée, engagé plus récemment, mais qui fait plus d'heures.
Par ailleurs, dans le contexte actuel, M. Champagne estime que la SAQ engage trop de personnes "au cas où" il manquerait des gens. Il en résulte que les heures sont réparties et font en sorte que les employés, à titre individuel, font moins d'heures.
À l'heure actuelle, les deux succursales de Sorel-Tracy comptent 23 employés.
En terminant, Éric Champagne suggère à ceux et celles qui ne veulent pas se passer de vin de qualité, de se rendre dans des vignobles québécois où on peut trouver de bons crus qui, de toutes façons, ne sont pour la plupart pas disponibles dans les succursales de la SAQ... et donc pas susceptibles de causer des remords aux acheteurs. C'est aussi une occasion de découvrir les vins des producteurs québécois ! a-t-il conclu.
Surtout que le conflit risque peut-être d'être assez long.














