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Un «Center Parc» plutôt qu'un parc thématique pour développer le tourisme
22 Janvier 2002 - La Voix - Yves Robillard, auteur d'une étude de pré-faisabilité pour le projet du parc thématique de Sorel imaginé par Serge Péloquin il y a environ deux ans, suggère plutôt d'explorer la possibilité d'implanter un «Center Parc» dans la région, un concept d'origine européenne constitué d'un lieu de villégiature doté d'un dôme central translucide en dessous duquel sont proposées de nombreuses activités et où on retrouverait quelque 300 chalets pour 4 personnes.
Ce projet, évalué entre 150 M $ et 225 M $, pourrait rapporter des revenus bruts de plus de 23 M $ annuellement, excluant les retombées indirectes dans le milieu, croit M. Robillard.
M. Robillard présentait, jeudi soir dernier devant une cinquantaine d'intervenants de la région, les résultats de son étude qui inclut non seulement une proposition, mais qui propose aussi un large survol sur les notions de développement touristique, d'éco-tourisme, et comment doit-on le développer dans le contexte de la récente reconnaissance des îles du lac St-Pierre comme Réserve mondiale de la Biosphère.
La Voix avait fait état d'une partie de cette réflexion dans son édition du 22 décembre dernier.
Le concept center parc, fort populaire en Europe, avance M. Robillard, invite les touristes dans une espèce de paradis tropical sous dôme, sorte de mini aquaparc à ambiance tempérée à l'année longue. L'aquaparc serait constitué d'une piscine à vagues, de cascades, de glissoires intérieures, de bains-tourbillons, bains d'eau salée, bains flottants ou turcs, etc... On y retrouverait aussi des restaurants, bars, une discothèque, un marché (les touristes peuvent cuisiner leur nourriture dans les chalets), des boutiques, une salle de spectacle, etc.
Ce type d'infrastructure touristique s'adresse à une clientèle de classe moyenne et familiale. Comme exemple de prix, une fin de semaine de trois jours pour quatre personnes dans un pavillon de deux chambres coûterait quelque 503 $, ce qui revient à 125 $ par personne ou 42 $ la nuit, par personne. Le montant grossit légèrement pour ceux qui préfèrent une chambre d'hôtel.
On compte 13 centres de ce type en Europe et quelques projets sont à l'étude, notamment dans la région de Niagara Falls. Un mini-complexe aquatique implanté récemment à Mont Tremblant, et qui connaît du succès, s'apparente aussi au center-parc.
Ce center parc de Sorel-Tracy devrait s'articuler, selon M. Robillard, autour du thème Les Bayous du Nord. La thématique de l'ensemble sera tout à fait différente de ce que nous voyons habituellement dans les center parcs, écrit M. Robillard dans son rapport. Il pourrait y avoir plusieurs modèles de cottages. Certains sur pilotis ressembleraient aux chalets des îles de Sorel. Deux grands thèmes inspireraient le décor intérieur que nous entrevoyons, l'ambiance Louisiane et le Monde de la Marine (...) Un dancing pourrait ressembler à la salle de bal d'un des Bateaux Blancs.
Cette attraction touristique, estime M. Robillard, se distinguera par l'originalité de sa forme architecturale, tout comme le fait la Tour de Shawinigan. Le chercheur dit privilégier la forme des «zomes», qui sont des volumes géométriques composés de losanges agencés en doubles spirales rappelant la double hélice de l'ADN, la base de toute vie organique et donc des écosystèmes. Je trouve important pour une ville qui veut se repositionner dans le domaine de l'environnement qu'elle fasse de l'écologie son élément promotionnel.
Trois thèmes sont d'ailleurs retenus par M. Robillard pour ce qu'il appelle l'Éco-Zoom, un pavillon thématique sur l'écologie et les sciences de l'environnement : l'énergie, l'écologie et les technologies environnementalistes. On pourrait par ailleurs chauffer l'infrastructure grâce à l'énergie solaire. La clientèle visée est essentiellement locale, avec un rayon d'influence de deux heures de route. Ainsi, la proximité de Montréal constitue un atout, selon M. Robillard.
Parallèlement au center parc, il faut aussi développer le nautisme, croit le chercheur. L'eau est l'atout majeur du développement touristique de Sorel. Le nautisme sous toutes ses formes, à l'exclusion de celles qui nuisent à l'écotourisme, est à développer.
Un projet qui doit être rassembleur
Implanter un projet de cette envergure devra être rassembleur, comme la Cité de l'Énergie l'est pour les gens de Shawinigan, note M. Robillard, qui revient sur cette notion à plusieurs reprises dans son rapport. Il estime qu'il faut obligatoirement impliquer les citoyens au projet. Leur participation est indispensable pour qu'ils ne se sentent pas étrangers au développement touristique, et que les touristes, eux, ne se sentent pas regardés comme des bêtes curieuses.
M. Robillard a aussi tenu à souligner l'importance capitale d'avoir quelqu'un dont la foi inébranlable dans le développement d'un projet fait que le projet entrevu sera réalisé d'une façon ou d'une autre.
Il a cité en exemple la Cité de l'Énergie de Shawinigan et le Village d'Antan de Drummondville. Ces deux réalisations sont le fait de la détermination à toute épreuve de deux hommes continuant sans cesse à améliorer leurs produits. Pour qu'un projet d'une telle envergure voit le jour à Sorel, et que son succès dure, il faudra une personne qui ait la même détermination !
Il faudra une vision, de la coopération, et encore une fois, une détermination à toute épreuve.Pour développer le tourisme, il faut un projet d'une grande envergure, croit-il, sinon, ça ne sert à rien, tranche-t-il.
Si la région embarque dans ce grand projet, il faudra d'abord passer par l'étape de l'étude de pré-faisabilité, au coût de 68 000 $. Si celle-ci s'avère concluante, on passera à l'étude de faisabilité, plus précise. Cette dernière est évaluée à quelque 200 000 $. Une firme canadienne, Forrec, se spécialise déjà dans ce genre de travail et a même été engagée à titre de consultante pour un center parc en Hollande.
Pour l'initiateur du projet, Serge Péloquin, il est important de continuer à parler du projet pour le faire connaître. La première réaction, selon lui, a été bonne. Moi, j'y crois à ce projet, et ça m'excite. Je vais me battre jusqu'au bout pour le réaliser. Il ne faut pas lâcher le morceau, a-t-il finalement indiqué à La Voix.














