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La MRC forme un comité de travail pour préparer un règlement de contrôle intérimaire
14 Janvier 2002 - La Voix - Les opposants demandent sans succès un avis de motion immédiat sur la question des porcheries. Les citoyens de Ste-Victoire s'opposant à l'implantation d'une porcherie sur le chemin Ste-Victoire (rang Sud) étaient aussi nombreux que les travailleurs de la construction à se présenter à la séance mensuelle de la MRC du Bas-Richelieu, mercredi soir, dans le but de demander au conseil des maires de déposer immédiatement un avis de motion qui, selon eux, empêcherait d'éventuels promoteurs de déposer des projets d'implantation de porcheries dans les mois à venir.
Pour sa part, le maire de Ste-Anne, Réjane Salvail, a déjà fait adopter une résolution dans son propre conseil municipal dans le but de circonscrire l'épandage de lisier de porc et afin de resserrer les normes de la réglementation concernant la réduction des matières polluantes telles que le lisier ou fumier liquide, et les boues. En préambule, la résolution rappelle aussi que la nappe phréatique du secteur de Ste-Anne (îles de Sorel, lac St-Pierre et Baie Lavallière), dont une grande partie fait partie de la réserve mondiale de biosphère de l'Unesco, pourrait être hautement affectée par le ruissellement des eaux qui proviennent des secteurs agricoles de la région qui ne font toutefois pas partie du territoire de la municipalité.
Mercredi soir, Mme Salvail a fait adopter une résolution similaire au sein de la MRC. Elle a aussi fait adopter une résolution pour la formation d'un comité aviseur qui aura pour mandat de préparer un règlement de contrôle intérimaire sur la question. Les maires qui feront partie du comité seront Mme Salvail, Marie Bouchard (St-Ours), Solange Cournoyer (Ste-Victoire), Raymond Arel (St-David), Louis Hemmings (St-Aimé) et le préfet Olivar Gravel (St-Joseph).
Malgré cette résolution, les citoyens, dont plusieurs font partie de l'Autre monde rural, comité de citoyens formé l'automne dernier, sont demeurés sur leur appétit car ils auraient souhaité que le conseil fasse immédiatement un avis de motion dans le but d'empêcher l'apparition de nouveaux projets.
Et, malgré l'affirmation de Mario Dion, responsable du schéma d'aménagement de la MRC, à l'effet que l'adoption d'un avis de motion ne pourrait pas arrêter les projets déjà en cours, des citoyens ont déclaré avoir en main des jurisprudences à l'effet contraire et se sont dit prêts à donner les documents en question s'ils pouvaient obtenir un rôle au sein du comité aviseur.
Nous sommes prêts à collaborer et travailler avec les gens concernés. L'épandage de lisier liquide constitue un risque pour la santé publique, et vous avez des responsabilités à cet égard, pour les années à venir, a déclaré une opposante, Ginette Auger. Nous n'avons pas pris nos renseignements sur des feuilles de chou, nous ne sommes pas une gang de granolas ni pour un retour en arrière. Mais vous devez constater que les prochains secteurs visés par les porcheries, c'est Sorel-Tracy. Allez-vous pouvoir développer ce milieu ? Les méga-porcheries, c'est un problème partout au Québec et en Europe. Là, d'ailleurs, les gouvernements reviennent à des lois interdisant les méga-industries porcines qui ne créent que quelques emplois.
Mme Auger estime par ailleurs que le gouvernement (ministère de l'Environnement) ne possède même pas de carte complète de la nappe phréatique, et que les problèmes d'eau potable – que ce soit à Walkerton en Ontario ou en Haute-Mauricie – sont en grande partie attribuables à la présence de porcheries. Cela peut même provoquer l'apparition de la bactérie E-Coli, a-t-elle affirmé.
Encore une fois, nous ne sommes pas contre les porcheries, mais elles doivent se situer loin des maisons et sur des fumiers solides, a déclaré pour sa part Catherine Gorreta , membre active de l'Autre monde rural. Nous voulons vous voir adopter un avis de motion pour que vous ayez le temps d'élaborer le règlement de contrôle intérimaire. Pendant ce temps là, les futurs projets doivent être gelés. Sinon, craint-elle, ce sera la course des nouveaux projets.
C'est un son de cloche tout a fait différent qu'a fait entendre le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) pour la région, Daniel Fredette, qui considère que les normes d'implantation de porcheries sont très sévères : Si cette ferme là n'est pas acceptable, a-t-il déclaré en faisant référence au projet du couple Isabelle Tremblay et Stéphane Rajotte, c'est toute l'agriculture qui ne l'est pas, se disant partisan d'une agriculture durable.
Finalement, le ton a quelque peu monté en fin de soirée – que ce soit de la part des travailleurs de la construction (voir autre texte sur ce sujet) ou de la part des opposants. L'un d'entre eux a insisté, sans succès, pour que les maires déposent un avis de motion, disant que les citoyens ne sortiraient pas de la salle tant que cet avis ne serait pas déposé.
Le préfet Olivar Gravel a préféré, pour sa part, lever l'assemblée. Plusieurs citoyens ont finalement profité de l'occasion pour amorcer des discussions avec différents maires. Toutefois, la mairesse de Ste-Victoire, Solange Cournoyer, s'est éclipsée rapidement après la séance.














