La Sûreté du Québec doit intervenir à la Fonderie Laperle

14 Janvier 2002 - La Voix - Le lock-out décrété par les dirigeants de la Fonderie Laperle de St-Ours depuis le 31 décembre, commence à provoquer de vives tensions. Mardi matin, un travailleur a été arrêté par les policiers de la Sûreté du Québec pour avoir causé des méfaits sur deux véhicules de personnel cadre qui tentaient de pénétrer sur les terrains de l'entreprise. Le travailleur a toutefois été remis rapidement en liberté avec promesse de comparaître devant la cour.

D'autre part, un gréviste a été blessé par un véhicule de la direction qui entrait sur le terrain. L'homme a porté plainte à la SQ qui est à monter un dossier sur la question qui sera soumis au substitut du Procureur. L'administrateur impliqué dans cet incident a été rencontré par les policiers. C'est ce qu'a fait savoir à La Voix le caporal Benoît Plante, de la SQ, lors d'un entretien téléphonique.

Nous nous rendons sur place tous les jours pour effectuer de la surveillance, surtout lors des entrées et des sorties du personnel cadre. Jusqu'à maintenant, il y a eu plusieurs méfaits sur des véhicules : des bosses, un miroir fracassé, une antenne brisée, des pneus crevés. Il y a eu d'autres incidents mercredi.
Rencontré sur la ligne de piquetage mardi, le président du syndicat, Jean St-Germain, a admis que ça a brassé un peu, et que les grévistes, à leur façon, avait souhaité la bonne année à leurs patrons.

Il a rappelé que le lock-out avait été décrété le jour même de l'échéance de leur convention collective et qu'il y avait eu peu de rencontre de négociations à ce jour. Les syndiqués présents estiment que certains patrons sont «baveux» et intimident notamment les jeunes de façon à diviser les travailleurs.

Ils veulent nous imposer une convention et on ne l'a pas accepté, a poursuivi M. St-Germain, qui admet un problème de relations de travail depuis quelques mois. Ça allait mieux avec l'ancien directeur, qui comprenait les travailleurs. Le leader syndical dit avoir proposé des rencontres régulières, qui ont été acceptées par l'employeur, a-t-il indiqué, mais il déplore que ce dernier veuille que ça se fasse en dehors des heures de travail.

Le changement de police d'assurances collectives est aussi un point de mésentente, l'employeur, de dire M. St-Germain, refusant de donner copie de la nouvelle police aux travailleurs. Chaque travailleur paye 16 $ par semaine pour les assurances, il est en droit de connaître ce que la police contient. Selon lui, il est maintenant plus difficile et plus long pour obtenir des réclamations.
D'autre part, M. St-Germain a indiqué que l'employeur voulait imposer des quarts de 10 heures, au lieu de huit heures comme c'est le cas à l'heure actuelle.

Depuis le 31 décembre, il n'y pas eu de rencontre de négociation. Le syndicat a été convoqué par le conciliateur du ministère du Travail le 24 janvier. Nous sommes prêts à négocier, mais pas pour avoir les mêmes conditions qu'avant, a affirmé M. St-Germain, qui déplore certaines pratiques : un gars a perdu sa job parce qu'il avait fumé une cigarette, soutient-il. Un autre de 34 ans d'ancienneté a été suspendu trois mois pour avoir empêché un contremaître d'aller chercher un sandwich dans la cafétéria. En fait, estime-t-il dans ce dernier cas, le contremaître en question viendrait surveiller les gars qui fument des cigarettes.

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