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Domaine du Bois des Acadiens : les promoteurs défendent leur projet domiciliaire intégré
23 Juin 2004 - La Voix - Les deux promoteurs du projet intégré "Le domaine du bois des Acadiens", Gaétan La Madeleine et Paul Gemme, ainsi que le responsable de la mise en marché et de la vente des unités, Guy Monast, ont défendu avec vigueur leur projet domiciliaire qu'ils voudraient voir s'implanter à l'intersection de la rue Père Le Jeune et du boulevard des Étudiants.
Le terrain, actuellement zoné RD (très forte densité, pour la construction de bloc d'appartements) fait l'objet d'une signature de registre qui aura lieu à l'hôtel de ville de Sorel-Tracy, le mardi 22 juin, entre 9h et 19h. Cette signature est réservée aux résidants de la zone concernée et des zones contiguës qui se sont inscrits, ce qui représente 358 citoyens. Un nombre minimum de 47 signatures est requis pour que le conseil municipal décide s'il y a lieu de procéder à un référendum, abandonner ou modifier le projet qui, précisons-le, n'a pas fait l'unanimité au sein des conseillers. Certains d'entre eux, dont le maire, auraient préféré que ce projet, bien que très intéressant, soit implanté sur un autre terrain de la municipalité.
Mercredi, deux des conseillers en faveur du projet, Michel Berthiaume et Yvon Bibeau, se sont toutefois rendus sur le terrain du projet pour appuyer les promoteurs, qui avaient également invité les représentants des médias à venir constater la situation de visu.
D'entrée de jeu, Gaétan La Madeleine a rejeté l'idée de construire un bloc d'appartements, tel qu'on en voit tout près. Selon lui, de tels blocs n'ont pas été construits depuis près d'une vingtaine d'années, car il faudrait, estime-t-il, louer les unités un minimum de 850$ par mois pour rentabiliser l'investissement, ce qui ne pourrait se faire selon les prix actuellement payés dans la région, autour de 600$ pour l'équivalent.
Construire des condominiums, alors ? Possible, mais cela prendrait alors un terrain de stationnement d'une soixantaine de places, pour 24 à 36 unités, ce qui signifie couper la très grande majorité des arbres. Une option qui n'a pas retenu la faveur des promoteurs.
Avec leur projet, M. La Madeleine et M. Gemme, un homme d'affaires de Saint-Mathieu de Beloeil, soutiennent que cela préservera la qualité de vie et l'environnement des gens qui y vivront, car on compte y conserver plus de 175 arbres, dont certains sont assez âgés.
Malheureusement, a déploré M. La Madeleine, certains devront être sacrifiés, en raison des exigences du département de l'urbanisme de Sorel-Tracy, a-t-il soutenu, lequel tient à certaines normes précises : une rue privée d'une largeur minimale de 24 pieds, plus une emprise municipale équivalant à 6 pieds, pour un total de 30 pieds (un peu moins de 10 mètres). M. La Madeleine, qui dit avoir construit des projets semblables dans d'autres municipalités, a indiqué qu'à Boucherville, par exemple, la rue privée était d'une largeur de 21 pieds seulement. Les 30 pieds exigés feront en sorte que certains gros arbres devront être abattus pour respecter les exigences de la Ville.
Rappelons que le projet intégré comprend la construction de 10 unités de type victorien, totalisant une évaluation foncière de 1,6 million de dollars, qui seront vendues au coût de 158 768$ chacune, ainsi qu'une maison supplémentaire qui sera habitée par M. La Madeleine. Ce projet pourrait rapporter à la Ville un revenu supplémentaire en taxes foncières de l'ordre de 30 000 $. Selon les promoteurs, les jeunes familles seront facilement intéressées par ces unités qui doivent, cependant, respecter un certain nombre de critères, dont l'interdiction d'abris d'auto, remises, piscines hors-terre et corde à linge; les raccordements aux services publics devront être souterrains. Chaque unité est isolée une de l'autre par le tampon formé par chaque garage attenant.
Le conseiller Michel Berthiaume reconnaît de son côté que Sorel-Tracy devra se mettre à la page en terme de zonage, afin de pouvoir accueillir en plus grand nombre ce type de projets intégrés, car actuellement, il n'existe aucune norme municipale à cet effet. M. Berthiaume a fait savoir que le conseil envisage une refonte, qui permettra à la municipalité de moderniser ses règlements d'urbanisme, afin de permettre l'intégration de ce genre de projet qui constitue, aux yeux des promoteurs, l'avenir dans la construction résidentielle.
Par ailleurs, les promoteurs assurent, documents en main, qu'ils ont déposé un plan à l'échelle effectué par l'architecte Éric Choinière au comité d'urbanisme, bien que le conseiller André Bélanger n'ait pas confirmé réception, lors de l'assemblée du conseil, le 7 juin dernier. Ce plan démontre la faisabilité du projet, selon les normes édictées par le service d'urbanisme de la Ville.
Enfin, fait notable, les opposants au projet sont généralement des gens qui n'habitent pas tout près du terrain, qui a été acheté par Aqua Sécurité, la compagnie de M. La Madeleine, et dont l'agent immobilier était Guy Monast. Des résidants demeurant plus près, dont Michel Huppé, qui est intervenu lors de l'assemblée du conseil, semblent être en faveur du projet.
L'opposition invite les citoyens concernés à signer le registre
De leur côté, les opposants estiment que l'endroit ne constitue pas le site idéal pour ce genre de projet. Ils disent vouloir conserver l'harmonie du secteur, grâce à un développement qu'ils qualifient de logique.
Ils ont rappelé que le comité consultatif d'urbanisme a recommandé à deux reprises au conseil municipal de refuser le projet. La dernière chance des opposants réside donc dans la tenue du registre, mardi prochain.














