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Le CFER souhaite se joindre à la mise sur pied d'une déchetterie régionale

photo Hélène Goulet
14 Octobre 2004 - La Voix - Le Centre de formation en entreprise et récupération (CFER) Réalité-Jeunesse Sorel-Tracy souhaiterait bien pouvoir se joindre à la mise sur pied d'une déchetterie régionale.
C'est ce qu'a fait savoir l'enseignant formateur et porte-parole du CFER, Denis Sauvageau, à l'occasion de la consultation publique tenue mercredi soir dans le cadre de l'élaboration du Plan de gestion des matières résiduelles du Bas-Richelieu, lequel prévoit l'implantation d'une telle déchetterie.
Le projet CFER - un réseau à travers le Québec - existe dans la région depuis 1999. Il a pour objectif d'accueillir des jeunes filles et garçons vivant des difficultés scolaires, âgés de 16 ans et plus, mais qui n'ont pas dépassé le niveau de 2e secondaire.
Ces jeunes vivent une expérience d'école-usine, c'est-à-dire qu'ils doivent suivre une formation académique (français, mathématiques), tout en expérimentant le travail dans un contexte de production d'usine.
Les locaux du CFER sont situés à l'école secondaire Bernard-Gariépy, et l'école-usine accueille de 25 à 30 élèves par année, qui y restent deux ans avant de faire le choix de retourner sur les bancs d'école (éducation des adultes) ou d'entrer sur le marché du travail.
Ils étudient, ils font des stages, et ils produisent !
On les prépare pour le marché du travail, et les matières académiques qui sont enseignées sont adaptées à leur réalité, précise M. Sauvageau. L'objectif est aussi de les responsabiliser face à l'environnement. Pour nous, un litre d'huile usée contamine un million de litres d'eau, et un néon contamine 10 000 litres d'eau...
Depuis l'automne 2003, l'entreprise trie les piles usées pour le compte de la MRC du Bas-Richelieu. Mais selon M. Sauvageau, le CFER Sorel-Tracy se spécialise plus particulièrement dans la récupération et le recyclage de matériel informatique.
L'enfouissement de ces matériaux - le matériel informatique devient rapidement désuet - constitue une problématique de plus en plus importante, en raison notamment de la toxicité de certaines composantes.
M. Sauvageau a eu l'idée de réutiliser les boîtiers de vieux écrans cathodiques afin de les transformer en bacs de récupération à papier qui peuvent être utilisés dans les bureaux, notamment dans les entreprises et les institutions. Le matériel thermo-plastique utilisé pour ces boîtiers faisait en sorte qu'ils ne pouvaient se dégrader à l'enfouissement. Ils sont résistants... et corrosifs, a précisé M. Sauvageau. La solution était donc de les utiliser tel quel.
Le produit fini, arrangé et peinturé, a belle allure. Selon M. Sauvageau, qui a fait une demande de brevet, il est facilement commercialisable. À 15 $ pièce, il s'agit d'un objet accessible et surtout, fait valoir M. Sauvageau, un véritable symbole de la récupération : Ce n'est pas juste un objet, c'est aussi un geste pour protéger l'environnement car ce bac, autrement, aurait été lui-même enfoui dans le sol. De plus, il a été fabriqué par des jeunes.
Une variante de ce bac pourra également être utilisée pour le programme de piles usées de la MRC du Bas-Richelieu, croit l'enseignant.
Par ailleurs, qui dit usine dit recherche de rentabilité. Parmi les tâches des élèves, il y a le tri des matériaux, qui permet au CFER de vendre différents produits : métaux, cuivre, etc.
L'année dernière, le CFER a traité 6,5 tonnes d'acier, 2,4 tonnes de plastique et 3/4 de tonne de piles usées, en plus de l'aluminium, du métal blanc et du cuivre.
En fait, le CFER de Sorel-Tracy, qui récupère son matériel informatique principalement sur la rive sud, pourrait devenir dans un avenir rapproché le point de chute pour ce type de matériel pour le grand Montréal métropolitain, ce qui rendrait son projet tout à fait viable.
Parallèlement, le CFER s'est donné une vocation de sensibilisation auprès des jeunes, grâce à la caravane CFER. Selon l'enseignante responsable, Annie Renaud, la caravane est constituée de trois stands mobiles avec lesquels elle et ses élèves se promènent dans les écoles primaires afin de faire œuvre de sensibilisation auprès des enfants sur le sujet de la protection de l'environnement.
Des locaux trop exigus
Le CFER a donc le vent dans les voiles, mais ça crée un problème de plus en plus criant d'exiguïté des locaux. Nous manquons d'espace, explique Daniel Girard, enseignant formateur au CFER. Nous avons besoin de deux fois plus d'espace qu'à l'heure actuelle. Si on ne trouve pas un endroit suffisamment grand, on devra fermer.
Pour opérer convenablement, le CFER a besoin de deux pièces d'entreposage (pour recevoir les matériaux et pour entreposer ceux qui ont été triés), en plus d'un atelier de travail et d'une chambre de peinture.
C'est pourquoi le projet de la déchetterie régionale, à laquelle le CFER pourrait s'associer en partenariat, revêt autant d'importance auprès des enseignants. Nous trions déjà les piles et les matériaux informatiques. Nous pourrions faire des économies d'échelle, tout en ajoutant une mission d'éducation et de sensibilisation, fait enfin valoir M. Sauvageau.














