L'éventuel agrandissement de Conporec suscite des craintes chez les résidants des quartiers voisins

14 Septembre 2004 - La Voix - Hélène Goulet - Si plusieurs citoyens se réjouissent de la nouvelle technologie de Conporec, qui permet à cette entreprise de traitement des matières résiduelles d'avoir le vent dans les voiles ces temps-ci, il n'en demeure pas moins que pour plusieurs d'entre eux, le problème d'odeurs que connaissent les résidants avoisinants est toujours persistant.

André Hubert, porte-parole du Regroupement des citoyens de Sorel-Tracy concernés et inquiets, est intervenu mardi soir dernier, lors de la période de questions de l'assemblée régulière du conseil municipal de Sorel, pour demander au maire Marcel Robert quelles pourraient être les garanties que l'entreprise, qui souhaite s'agrandir, pourrait donner afin de remédier ce problème d'odeur.

Pourquoi ne pas déménager et s'agrandir ailleurs, là où elle ne dérangera personne ? a-t-il également proposé.

Nous avons à cœur le développement régional, mais pas à n'importe quel prix, a-t-il enfin soutenu.

Le maire Robert s'est dit préoccupé par les odeurs de Conporec, mais il estime que l'entreprise, grâce aujourd'hui à une meilleure capitalisation, devrait être en mesure de s'y attaquer avec succès.

Selon M. Robert, le directeur général actuel, un ingénieur de formation qui habite le quartier concerné par ce problème, en a fait sa priorité. Déjà, a soutenu le maire, quelques problèmes ont été observés, notamment en ce qui concerne certains gestes de manutention, et l'ouverture trop fréquentes de portes.

Conporec possède une technologie exceptionnelle, qui fait de la MRC du Bas-Richelieu la seule au Québec à rencontrer les exigences du gouvernement du Québec en 2008 en ce qui concerne la valorisation des déchets, a fait valoir M. Robert, admettant que cette performance ne réglait pas le problème des odeurs.

Grâce à la technologie de Conporec, les municipalités qui utilisent ses services ont un taux de valorisation de l'ordre de 85 %, alors que l'objectif du gouvernement, pour 2008, est de 65 %. Actuellement, la moyenne au Québec oscille entre 20 % et 27 %.

L'entreprise, qui commence à être avantageusement reconnue un peu partout , a vendu un bioréacteur dans le Delaware, aux États-Unis. Elle a également obtenu un contrat en banlieue de Paris, France, et est en passe d'obtenir un autre contrat dans le Massachusetts. Conporec réalise enfin un projet-pilote pour le compte de Toronto.

De son côté, un autre résidant, Michel Simard, dit d'ailleurs s'inquiéter de l'importation de déchets de Toronto, dans le cadre de ce projet. Le procédé n'est pas si au point qu'on le dit a-t-il laissé entendre, se disant très "tanné" de sentir régulièrement les odeurs. S'ils sont capables de régler ça, je leur tire mon chapeau, a-t-il conclu.

M. Robert a rappelé à M. Simard que l'importation de déchets constituait une mesure temporaire de quelques mois, destinée à mettre en valeur la technologie Conporec, ce qui pourrait amener la Ville-Reine à se doter de bioréacteurs fabriqué ici, dans la région.

Ça pue, et ça n'a jamais arrêté de puer. Ça fait 10 ans qu'on endure ça, et j'ai l'impression qu'il faut être complaisant avec Conporec, a soutenu pour sa part Denis Robillard. Pourtant, a-t-il rappelé, la compagnie avait pris un engagement très clair lors des consultations publiques précédant son implantation dans le parc industriel de Tracy.

Pour Pierre Maisonneuve, enfin, le déménagement de l'entreprise demeure la seule solution. Ce à quoi a rétorqué le maire : Je vous rappelle que ce sont "vos" ordures. Alors, où implanter Conporec ? Au début, Ste-Victoire, une municipalité rurale, n'en a pas voulu. La gestion des ordures ménagères, c'est un problème social qu'il faut gérer. Je ne pense pas que c'est plus responsable de renvoyer le problème dans une autre municipalité ! a-t-il conclu.

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