Le regroupement des institutions de santé ne vise pas à éponger le déficit de l'Hôtel-Dieu, affirme Pierre-Yves Desjardins

11 Décembre 2001 - La Voix - Le directeur général de l'Hôtel-Dieu de Sorel, Pierre-Yves Desjardins, se dit excédé d'entendre les rumeurs à l'effet que le projet de regroupement des institutions de santé dans le Bas-Richelieu viserait essentiellement à éponger le déficit de l'hôpital de soins de courte durée, évalué à quelque 2,8 M $ pour cette année, sur un budget total de quelque 43 M $.

C'est ce qu'il a fait savoir à La Voix après avoir entendu des propos à cet effet lors de l'assemblée du conseil municipal de Sorel-Tracy lundi dernier.

En effet, c'est à cette occasion notamment que le conseiller Yvon Bibeau, lors de la période des commentaires, avait déploré ce regroupement éventuel qu'il a qualifié de commande politique émanant du bureau du député Sylvain Simard et de la Régie régionale qui vise à repousser le déficit de l'Hôtel-Dieu, au risque de diminuer les budgets du CLSC et des CHSLD. M. Bibeau avait en outre déploré l'absence de débat public et de consultation auprès des employés. Ses propos avaient été partagés par le conseiller Marcel Lavallée, lui-même employé de l'Hôtel-Dieu de Sorel.

Quand j'ai entendu ça à la télévision, je me suis immédiatement rendu à l'hôtel de ville. Ça m'horripile, ces rumeurs, car ce n'est pas vrai que l'objectif visé par un éventuel regroupement est d'éponger le déficit de l'Hôtel-Dieu.

Au contraire, croit M. Desjardins. L'objectif de ce projet actuellement à l'étude par les conseils d'administration des trois entités est dans un premier temps de mettre en priorité les services de première ligne (CLSC et CHSLD), et, dans un 2e temps, de soutenir les services de 2e ligne, à savoir les services de soins de courte durée. Si on priorise la 1ère ligne, on ne diminue pas leur budget ! s'est exclamé M. Desjardins. Le problème du déficit de l'Hôtel-Dieu est principalement attribuable au vieillissement de la population.

Nous sommes le seul service de santé à être offert 24 heures sur 24, sept jours par semaine, ainsi que les fins de semaine. Nous ne pouvons pas refuser personne, contrairement à une clinique médicale privée, par exemple. Nous n'avons pas de contrôle du volume de la clientèle.

Mis à part l'augmentation des coûts des médicaments et des protocoles de soins, ainsi que l'insuffisance du nombre de médecins, qui force l'hôpital à utiliser des «dépanneurs» pour éviter la rupture de services, 45 % du déficit, selon M. Desjardins, est attribuable à une clientèle qui nécessite des soins à long terme. Quand on dit que l'Hôtel-Dieu veut régler son déficit sur le dos du CLSC et des CHSLD, ce n'est pas vrai car si chaque mission était respectée et que les patients long terme se retrouvaient au bon endroit, le déficit serait d'autant diminué.

La réalité est que plusieurs patients sont admis à l'Hôtel-Dieu en courte durée, et lorsqu'ils reçoivent leur congé de la courte durée pour attendre une place dans une institution de longue durée, ils continuent d'occuper des lits de courte durée, alors que des patients de courte durée doivent, eux, dormir sur des civières. Cela nous oblige donc à dépenser de l'argent que nous n'avons pas pour des lits qui servent en attente de places au CHSLD.

M. Desjardins a par ailleurs tenu à préciser qu'il ne s'agissait pas pour lui d'une guerre entre les directions d'institutions. Le CLSC et le CHSLD font très bien leur travail. Mon problème ne se situe pas à ce niveau, mais plutôt à cause du vieillissement de la population plus élevé dans le Bas-Richelieu que la moyenne québécoise, alors qu'en Montérégie, la moyenne d'âge est globalement plus jeune. Ça m'oblige à «acheter» des places dans les autres institutions pour des patients en attente de placement ou en évaluation. Quand tout le monde pourra faire la mission pour laquelle chaque institution existe, ça règlera bien des problèmes. Il faut trouver des solutions, a-t-il fait valoir. À ce niveau cependant, il a déclaré que ce n'était pas à lui de commenter personnellement la faisabilité ou non d'un regroupement, mais que c'était actuellement aux différents conseils d'administration d'évaluer les avenues possibles.

Retour Imprimer



Google
 
Web soreltracyregion.net

25 personnes connectées sur le site
Cette page a été lue 537 fois.