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Une économie évaluée à 1 M $ annuellement Sorel-Tracy sera desservie par la Sûreté du Québec
11 Décembre 2001 - La Voix - C'est sans grande surprise que le conseil municipal de Sorel-Tracy, lors de son assemblée mensuelle tenue lundi soir dernier, a décidé unanimement d'accorder à la Sûreté du Québec la desserte policière de la ville. Selon les élus, cette décision entraînera des économies avoisinant un million de dollars annuellement.
L'entente prévoit que le gouvernement du Québec garantira pour les dix prochaines années une tarification fixe pour l'ensemble des services offerts, et prévoit aussi que la SQ assurera le service d'urgence 911 pour les trois prochaines années.
Jusqu'à maintenant, le budget de la Sécurité publique coûtait aux contribuables plus de 4,7 M $ annuellement, soit un per capita de 132,63 $. La facture qui sera versée à la SQ se calcule plutôt selon l'évaluation foncière du territoire et, espère le conseil, coûtera un maximum de 0,30 $ du 100 $ d'évaluation, pour un total de 3,6 M $. Cela équivaut à 100,40 $ per capita, soit une réduction de 32,23 $, a indiqué le conseiller André Potvin.
Toutefois, a précisé à La Voix le commandant Daniel Boucher, de la SQ, qui a piloté le dossier et présenté l'offre de services au conseil de ville, cette condition financière devra être entérinée par le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, probablement à la fin du mois de janvier. Si le montant excède 0,30 $ du 100 $ d'évaluation, la ville se réserve le droit, par résolution, de réévaluer son accord à notre proposition, a-t-il déclaré lors d'une entrevue téléphonique.
Lundi soir, le maire Marcel Robert faisait valoir que le service policier serait malgré tout similaire à ce qui existe jusqu'à maintenant. Ce qu'on veut, c'est un service de proximité, en conformité avec l'esprit des nouveaux services policiers, qui comportent de plus en plus des pratiques de prévention.
Le commandant Boucher, par ailleurs, a jugé à ce moment-ci prématuré de faire des déclarations concernant les demandes spécifiques de la ville sur les services policiers dont elle souhaite se doter. Avec l'aide des dirigeants actuels, nous avons bâti quelques scénarios et il y en a un qui a été retenu. M. Boucher a cependant admis que le conseil avait fait état de ses préoccupations concernant le principe d'un service de police dit de proximité (ou police communautaire, dans le langage policier municipal).
Notre service de police répond à ces critères-là, a-t-il assuré, et il faudra le coordonner autant avec la ville qu'avec la MRC que nous desservons déjà (municipalités rurales).
C'est en effet la MRC qui sera dorénavant l'autorité politique en matière de services policiers régionaux. Le service lui-même sera localisé dans l'ancienne mairie de Tracy. La SQ, par le biais de la Société immobilière du Québec, sera locataire de cet édifice municipal appartenant à Sorel-Tracy. Pour le moment, M. Boucher ne pouvait par ailleurs indiquer ce qu'il adviendrait du poste de la SQ du boulevard St-Louis. Ce n'est pas actuellement décidé, mais il sera nécessairement recyclé, a-t-il fait savoir.
Ceci dit, le nouveau service ne sera vraisemblablement pas en fonction avant juin prochain, le temps de s'assurer de l'intégration des effectifs et de la mise en place des différents services à offrir. D'autre part, un conseil exécutif de sécurité sera formé, qui comprendra trois représentants de Sorel-Tracy et trois représentants d'autres municipalités de la MRC, ainsi que des représentants de la SQ. Le service actuel sera maintenu encore plusieurs mois avant que le tout soit uniformisé. Dans l'équipe, on prévoit un directeur de poste, sept sous-directeurs, sept enquêteurs et 54 patrouilleurs, a déclaré le conseiller André Potvin.
Je pense que c'est une bonne nouvelle pour l'ensemble des citoyens d'avoir une police régionale, croit pour sa part le commandant Boucher. Nous aurons tous la même fréquence radio, ce qui permettra une plus grande rapidité d'intervention, il n'y aura pas de croisement dans les secteurs de patrouille et la lutte contre la criminalité sera plus efficace, croit-il.
Par ailleurs, le commandant Boucher croit que l'intégration des policiers municipaux à la SQ se fera relativement facilement. Les policiers doivent appliquer les mêmes lois, les techniques policières sont semblables. De plus, les policiers bénéficient d'une protection salariale et auront des fonctions similaires à ce qu'ils exercent actuellement.
Quelques policiers rencontrés au hasard ne semblaient toutefois pas tout à fait rassurés. La réglementation municipale, par exemple, comporte son lot de petits détails que les policiers de la SQ ne connaissent pas, estiment certains. Il faudra donc de la formation de part et d'autre. Qu'arrivera-t-il à ceux qui n'ont pas de poste permanent ? Perdra-t-on certains projets spécifiques comme l'Arbre de Joie, les policiers à bicyclette, les interventions dans les écoles ou d'autres activités plus communautaires de ce type ?
Pour le moment, pas encore de réponse sur ces questions un peu plus pointues.














