En déménageant au Complexe industriel de la Trente, Tracy Métal triple sa superficie et augmente sa capacité de production

20 Août 2001 - La Voix - Tracy Métal, spécialisée dans la construction de structures métalliques pour le milieu industriel, a le vent dans les voiles. L'entreprise, qui vient tout juste d'emménager dans ses nouveaux locaux au Complexe industriel de la Trente, voit sa superficie tripler, passant de 365 mètres carrés (4 000 pieds carrés) à 1 150 mètres carrés (12 500 pieds carrés). Dorénavant, les employés pourront travailler sur deux quarts de travail, le jour ou le soir. Le nombre de ces derniers – en moyenne une douzaine de travailleurs y œuvrent habituellement – est en hausse.

Selon son président Michel Trépanier, Tracy Métal a vu le jour il y a une quarantaine d'années dans ses anciens locaux du chemin des Patriotes. À l'époque, son fondateur, Conrad Martel, se spécialisait dans le fer forgé.

En 1988, M. Martel vend à Tracy Métal à Réjean et Gilles Beauchemin. La vocation de l'entreprise se modifie pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui : fabrication de structures telles des poutres ou des colonnes, ainsi que fabrication d'équipement en métaux œuvrés comme des passerelles, des escaliers, échelles et garde-fou.

La clientèle de l'entreprise, principalement locale, est composée d'industries et de contracteurs qui obtiennent des contrats des grandes entreprises telles QIT-Fer et Titane ou Ispat. Michel Trépanier, un ingénieur mécanique originaire de Sorel qui a travaillé durant une dizaine d'années dans la région de Granby après avoir obtenu son diplôme à l'Université de Sherbrooke, a eu l'envie de revenir dans sa région natale. En 1998, l'occasion se présente pour lui d'acheter Tracy Métal. Au début, je voulais partir à zéro, mais comme l'entreprise était à vendre, qu'elle avait déjà une clientèle et qu'elle possédait un bon potentiel de développement, j'ai décidé de m'en porter acquéreur.

Pour l'achat, il a obtenu l'aide de la Société d'aide au développement de la collectivité. Aujourd'hui, le Centre local de développement lui est venu en aide dans le cadre de son expansion. L'objectif visé par M. Trépanier est d'étendre sa clientèle à travers le Québec, en Ontario et possiblement dans le nord-est américain, si les études de marché en démontrent le besoin. Ceci tout en gardant sa clientèle locale, qui en constitue son noyau de base.

Diversifier la clientèle passait nécessairement par une relocalisation de notre entreprise, a fait savoir M. Trépanier à La Voix lors d'une entrevue exclusive accordée cette semaine. Nos anciens locaux étaient devenus trop petits et non fonctionnels. Une partie de la bâtisse avait un plafond à seulement neuf pieds de hauteur, dont nous ne pouvions pas toujours nous servir. Nous ne pouvions mener plusieurs contrats de front et notre capacité de production constituait un frein à notre expansion.

Après avoir cherché durant un an, la proposition du propriétaire du Complexe industriel de la Trente, Denis Villard est acceptée par M. Trépanier, qui a profité de l'occasion pour saluer la collaboration de l'entrepreneur. Avec les nouvelles installations, munies d'un pont roulant facilitant le chargement (avant on utilisait une grue), non seulement Tracy Métal pourra multiplier les contrats, mais ceux-ci pourront être d'une plus grande envergure.

Évidemment, admet M. Trépanier, l'entreprise, de par son repositionnement, connaît de nouveaux compétiteurs. Toutefois, il fait remarquer que l'emplacement de Tracy Métal, à Sorel-Tracy, ne constitue pas un handicap, même pour un contrat à Sept-Îles, par exemple. L'important pour un client, ce sont les délais à respecter, la qualité et les prix compétitifs. La localisation n'a pas d'importance et pour nous, il n'y a vraiment pas de différence dans nos prix à cause de ça.

En période d'embauche
Cette expansion permet donc d'entrevoir une augmentation du nombre d'employés. Nous sommes actuellement en période d'embauche, a fait savoir M. Trépanier qui a engagé quatre nouveaux travailleurs la semaine dernière. Le président de Tracy Métal espère engager une dizaine de nouveaux employés cette année, principalement des assembleurs soudeurs et des journaliers. Il privilégie l'embauche de travailleurs locaux, mais si les soudeurs ont une excellente réputation, il souhaite trouver plus de travailleurs qui savent travailler avec des plans, puisque chaque pièce est effectuée selon des spécifications particulières. Il faut que mes employés puissent interpréter les plans. Actuellement, je constate cette lacune chez plusieurs très bons soudeurs.

Au-delà des qualifications, M. Trépanier souhaite pouvoir monter une équipe avec laquelle il est agréable de travailler. Nous passons beaucoup de temps au travail. J'ai besoin de gens compétents, mais possédant aussi une capacité de travailler en équipe, tout en étant autonome. Des gens qui ont des idées et que nous n'avons pas à tenir par la main.

Par ailleurs, il qualifie son plan d'affaires d'agressif. Nous voulons doubler notre chiffre d'affaires d'ici deux ans, a-t-il affirmé. En attendant, l'entreprise, qui a déménagé le 30 juillet dernier, est en période de rodage. On n'a pas pour autant arrêté la production, a-t-il fait remarquer.

Du développement économique régional, M. Trépanier y voit un changement un peu plus marqué depuis trois ans. Le regroupement de Sorel et Tracy, le travail du Regroupement des gens d'affaires, et plusieurs autres facteurs démontrent selon lui un nouveau dynamisme.

Mais au-delà de tout ça, les mentalités doivent continuer à évoluer. Il faut développer l'esprit d'entrepreneurship et que les jeunes prennent plus de risques, estime-t-il. Il y a quelques jeunes qui se lancent, mais il n'y en a pas beaucoup. Pour la relève, il va falloir des jeunes qui n'ont pas peur de se mouiller.

C'est certain qu'il y a des risques, admet M. Trépanier. Mais aussi de grandes satisfactions : Mon entreprise fournit de l'emploi à une quinzaine de personnes. Ça fait vivre quinze familles, a-t-il finalement fait observer.

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