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Regroupement des établissements de santé, Les missions seront protégées, assure la Régie régionale
26 Novembre 2001 - La Voix - Les différentes missions des établissements de santé de la région seraient maintenues advenant le cas d'un regroupement entre l'Hôtel-Dieu de Sorel (courte durée), les CHSLD (longue durée) et le CLSC (services de 1ère ligne & prévention). C'est ce qu'a soutenu le Dr Luc Boileau, directeur général de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de la Montérégie, lors d'un entretien téléphonique avec la représentante de La Voix cette semaine.
Le regroupement des établissements de santé est la solution actuellement envisagée pour contourner les problèmes spécifiques du Bas-Richelieu, qui fait à la fois face à une population vieillissante et une décroissance notable de cette dernière. Ce qui fait, par exemple, que plusieurs patients de soins de longue durée se retrouvent à l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Sorel, seul établissement à être accessible 24 heures sur 24 et sept jours par semaine. Cette réalité constitue par ailleurs l'une des raisons qui causent le déficit du CH, admet le Dr Boileau.
D'autre part, le taux de rétention de la population est très élevé, ce qui constitue un autre facteur particulier à la région. Les citoyens se font soigner dans leurs institutions dans une très forte proportion (la plus haute de la Montérégie depuis plusieurs années).
Malgré cela, les établissements ont de la difficulté à atteindre la masse critique nécessaire pour continuer à offrir certains services sans craindre d'éventuels déficits. Par exemple, a noté le Dr Boileau, ça n'a aucun bon sens de fermer le département d'obstétrique. Tout comme il faut continuer à miser sur la prévention et la promotion de la santé au CLSC, c'est essentiel.
Ainsi, selon le Dr Boileau, un éventuel regroupement continuerait à privilégier les services de 1ère ligne en premier lieu (CLSC et CHSLD), et maintenir aussi la 2e ligne (centre hospitalier). Le regroupement n'a pas pour objectif d'éponger des déficits, a-t-il assuré. Je comprends les craintes légitimes de certains, mais je ne crois pas que ça va arriver. Nous voulons protéger les missions de chaque établissement. Ceci dit, nous ne cherchons pas non plus à développer des services ultra spécialisés.
Le Dr Boileau estime que l'étude permettra d'évaluer les avantages de ce qu'il qualifie de beau projet de santé. Déjà, a-t-il fait valoir, deux autres études de projets similaires sont en cours pour le regroupement de deux entités, CH-CLSC ou CH-CHSLD ou CLSC-CHSLD. Le projet du Bas-Richelieu – le seul à vouloir regrouper trois missions différentes – pourrait faire figure de modèle, croit le directeur de la Régie régionale. Selon lui, toutes les conditions particulières à la région s'y prêtent : démographie, problèmes économiques, taux de rétention élevé. Votre situation peut se transformer en modèle, car les territoires desservis par chaque mission se superposent parfaitement, (les établissements ont exactement le même territoire), ce qui n'est pas le cas pour les autres projets.
Concernant la demande des syndiqués, la semaine dernière, pour une consultation publique, le Dr Boileau estime qu'il y a déjà des plates-formes représentant la population : conseils d'administration des trois entités, ainsi que le député et président du Conseil du Trésor, qui a donné son aval au projet. Ceci dit, il croit que les positions des diverses organisations, dont les syndicats, doivent être entendues.
Sylvain Simard : pour le bien de la population
Pour le député Sylvain Simard, rejoint en début de semaine, cette étude se veut une piste de solution pour régler les problèmes spécifiques à la région. Le président du Conseil du trésor a affirmé que ce projet devra se faire dans le respect des missions de chacun.
L'important, a-t-il déclaré, c'est que les soins à la population soient au cœur des préoccupations des services de santé. Les membres des conseils d'administration des trois établissements ont fait preuve d'une grande maturité en acceptant cette étude. Ils n'ont pas pensé à leur propre rôle, mais au bien des gens et des soins offerts à la population, a-t-il fait valoir.
Rapport final au début de 2002
L'étude de faisabilité a été confiée à la firme spécialisée Conseil en immobilisation & management (CIM), qui a déposé un rapport d'étape en octobre, à être entériné par chaque conseil d'administration.
Le directeur de la firme, Mario St-Cyr a confié à La Voix que CIM avait reçu non seulement le mandat de vérifier l'intérêt et les avantages d'un tel regroupement sur l'ensemble de la région, mais de définir notamment une vision unifiée de la prestation des soins et services de santé des trois établissements, qu'il y ait regroupement ou non. L'approche a été divisée en trois axes qui sont l'accessibilité et la qualité des soins ; l'efficience, l'efficacité et la pertinence clinique et financière de l'offre de soins et services ; et enfin, les économies potentielles reliées à une éventuelle fusion.
Il est à noter que l'étude ne se voulait en aucun temps une analyse comparée des performances de l'un ou l'autre des établissements visés, fait-on remarquer. Si un éventuel regroupement génère des économies financières, ces dernières devraient être ramenées dans les services de 1ère ligne, croit M. St-Cyr. Notre mandat n'est pas de réduire les déficits, a-t-il déclaré, disant comprendre certaines craintes à cet égard.
La semaine prochaine, la firme doit déposer une étude de comparables que les conseils d'administrations devront aussi étudier. Nous avons fait des entrevues téléphoniques avec des gens qui ont vécu des projets similaires pour voir les avantages et inconvénients qu'ils ont rencontrés. Le rapport final devrait être déposé en janvier 2002, a finalement indiqué M. St-Cyr.














