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Des entreprises de Sorel-Tracy prêtes à s'unir pour exporter leur production
12 Novembre 2001 - La Voix - L'année dernière, elles se considéraient comme des compétiteurs. Cette année, elles ont décidé de collaborer pour développer un marché d'exportation prometteur aux États-Unis. «Elles», ce sont des entreprises comme l'Atelier d'usinage Côté & Audet, Les Aciers Richelieu ou Tracy Métal, des PME qui, voulant prendre de l'expansion, s'intéressent de plus en plus aux marchés extérieurs.
Et grâce à l'aide d'organismes comme le Centre local de développement (CLD), le Service d'exportation Richelieu-Yamaska (SERY), le ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC), ainsi que la Chambre de commerce Sorel-Tracy métropolitain, ces entreprises se dotent de plus en plus d'outils leur permettant de réaliser leurs ambitions.
Du 23 au 25 octobre dernier, le CLD, la CC, le SERY et le MIC organisaient une mission commerciale à laquelle ont participé les trois entreprises citées plus haut. La délégation s'est ainsi rendue à Cleaveland, au Job Shop Show, afin d'y repérer des occasions d'affaires dans le Midwest américain.
Cette mission se voulait davantage un voyage de prospection afin de sensibiliser les entreprises aux réalités de ce marché, a déclaré Réjean M. Rioux, directeur général adjoint du CLD du Bas-Richelieu, lors d'un point de presse tenu cette semaine en présence des membres de la délégation bas-richeloise.
Le Job Shop Show, c'est un peu comme le Salon de la sous-traitance industrielle. C'est un endroit où les représentants d'entreprises peuvent prendre contact avec d'autres gens d'affaires et des grands donneurs d'ordre. À cette occasion, Roxan Gagnon, directeur de projet pour le Salon de la sous-traitance industrielle du Bas-Richelieu (ancien Salon des Affaires), a d'ailleurs pu prendre contact avec les dirigeants du JSS qui ont été invités le printemps prochain à venir assister au Salon de la sous-traitance, à Sorel-Tracy.
Mais, pour M. Rioux, il s'agit surtout d'une deuxième étape dans une démarche entreprise l'an dernier avec ces mêmes entrepreneurs. Après avoir assisté à deux événements du genre, nos entreprises envisagent maintenant de présenter un stand au prochain Job Shop Show qui se tiendra à Hartford, en avril 2002, a-t-il fait savoir.
Les premières visites ont en effet été effectuées à titre de visiteurs. Après deux visites, les entreprises régionales savent mieux quels sont les besoins d'une clientèle américaine éventuelle, et, lors du prochain événement, ils comptent faire valoir leur savoir-faire.
Donald Côté, des Ateliers d'usinage Côté & Audet, a participé trois fois à ce type d'événement à titre de visiteur depuis un an. Il a fait savoir que son entreprise exporte maintenant 52 % de sa production à travers le Québec et les États-Unis. Il a souligné l'importance de créer des contacts, et, surtout, de les entretenir. Si ça prend beaucoup d'efforts et de persévérance, le jeu en vaut la chandelle, croit-il. Les Américains veulent de la qualité, des prix, et un bon délai de livraison.
Pour Éric Durand, des Aciers Richelieu, son entreprise, aussi en expansion, a nécessité l'embauche en août d'un vendeur qui sillonne maintenant les marchés potentiels américains. Nous allons chercher un réseau de contacts, a-t-il fait valoir, insistant aussi sur l'importance des contacts avec les représentants d'organismes de développement économique comme le MIC ou le CLD. C'est important de tisser des liens entre les entreprises et les gens des services gouvernementaux, croit-il.
Lui aussi pense qu'il faut être patient pour réunir les conditions qui permettront d'aller rafler d'importants contrats. Il ne faut pas seulement régler les problèmes de la région en demandant à des entreprises de l'extérieur de venir s'installer ici. Certaines de nos entreprises doivent aussi axer sur l'exportation, tout en gardant leurs gros clients de la région, estime M. Durand.
Pour sa part, Michel Trépanier, président de Tracy Métal, est actuellement en phase exploratoire. Nous voulons nous lancer dans l'exportation, mais il faut savoir comment s'y prendre. Il faut s'outiller. On est allé voir comment vendre notre produit, quelle est la qualité exigée. Nous avons eu la chance d'avoir du support des organismes comme le CLD, le SERY ou le MIC, ça nous donne de la crédibilité. On ne s'attendait pas à revenir tout de suite avec des contrats, mais on ne veut plus se limiter au marché local.
M. Trépanier a aussi apprécié les contacts qu'il a eus non seulement avec des Américains, mais aussi avec des collègues québécois : Avec la délégation québécoise, nous avions nos expériences à partager.
Et ce que nos entrepreneurs ont aussi constaté, c'est qu'il s'avérait important pour eux de s'allier. Non seulement pour obtenir une meilleure visibilité, mais aussi pour coordonner les efforts de chacun, ce qui permettra peut-être de décrocher des contrats plus importants. Nous n'avons pas la même production, même si nous œuvrons dans le même secteur, estime Donald Audet, qui espère ainsi qu'un joint venture se créera pour le prochain Job Shop Show de Hartford. Ce n'est pas contraignant. Au contraire, ça va nous donner une force de frappe en permettant d'offrir quelque chose de complet : usinage, fabrication, électricité.
On parle de contrats qu'on ne pourrait pas aller chercher individuellement, a renchéri Michel Trépanier. Les Américains, ils veulent du «clé en main».
Selon Luc Paradis, du MIC, le rôle de son organisme vise de plus en plus à favoriser l'exportation en accompagnant les entreprises dans leurs démarches de développement du marché extérieur. Le réseautage constitue donc un outil indispensable pour le développement des entreprises de la région. Le CLD, a déjà amorcé une formation en réseautage pour les entreprises de la région, et croit avoir fait mouche. On commence à avoir un retour sur l'investissement, remarque Réjean Rioux. Il y a quelque chose qui se passe de réel et tangible, a-t-il conclu.
Visite du commissaire industriel à Dallas
Dans un autre ordre d'idées, le commissaire industriel Claude Piché a lui aussi participé à un autre événement qui a eu lieu à Dallas il y a quelques semaines. Le International developpement research Council est une organisation composée de trois types de professionnels : des directeurs immobiliers de grandes entreprises industrielles (Kodak, par exemple), des consultants en immeubles et localisation industrielle, qui effectuent de la recherche de localisation, et, finalement, des commissaires industriels et autres agents de développement économique.
Là aussi, la mission consistait à faire connaître et reconnaître le nouveau parc industriel régional du Bas-Richelieu. Il faut que les gens commencent à entendre parler de Sorel-Tracy.
Selon M. Piché, cette visite lui a permis de créer plusieurs contacts et, estime-t-il, le succès de la démarche sera le résultat de la persévérance. Il faut entretenir notre présence, se servir de nos réseaux. La mission de Dallas était exploratoire. M. Piché estime qu'elle fait connaître le Bas-Richelieu non seulement auprès des Américains, mais aussi auprès des différentes délégations québécoises.
Il faut que ces délégations développent le réflexe de penser au Bas-Richelieu lorsqu'il y a des occasions d'affaires, fait-il valoir. Et pour ce faire, le Bas-Richelieu se doit d'être présent un peu partout.














